Thierry Jamin, chercheur et explorateur français au Pérou

Depuis 1998, Thierry Jamin, chercheur et explorateur français, parcourt la forêt amazonienne du Pérou en tous sens à la recherche de la cité perdue de Païtiti. D’une manière générale, ses investigations ont pour objet l’étude de la présence permanente des Incas en Amazonie et la localisation de leur principal centre de peuplement : Païtiti.

I – Études et diplômes

Thierry Jamin sur Wikipedia

Les informations diffusées sur  Wikipedia, concernant Thierry Jamin et son équipe, contiennent un nombre important d’inexactitudes, de propos malveillants frôlant même parfois la diffamation ou de surprenants oublis. Nous mettons nos amis Internautes en garde contre de tels agissements que nous ne pouvons que dénoncer. En même temps, nous rendons hommage au courage de ces auteurs… anonymes !
Nous comprenons que la médiatisation des recherches de Thierry Jamin puissent parfois agacer certains « spécialistes » de Païtiti, pour lesquels tous les moyens sont bons pour dénigrer son travail.
Les budgets pour monter une campagne de recherches ne sont pas anodins. La médiatisation est un moyen de financer ces investigations. Car Thierry Jamin n’est pas fonctionnaire ou salarié d’un organisme de recherche payé par les impôts des citoyens.
Un exemple flagrant de désinformation, un parmi tant d’autre sur cette page, concerne le chapitre « Alien Project ». De nombreux scientifiques auraient déclaré que les « momies tridactyles » trouvées à Nasca au Pérou seraient fausses. Pire elles seraient des manipulations de momies pré-incas. Où sont les publications de ces soit-disant scientifiques ? Quelles sont leurs qualifications et surtout sur la base de quels éléments rendent-ils leurs conclusions ? Ont-ils effectués des prélèvements et des analyses ? Ont-ils eu accès aux fichiers DICOM ? La science ne se fait pas sur YouTube ou même sur Facebook ! D’autre part, à propos de l’éventuelle fraude à partir de restes humains, pratique illégale et condamnable, Thierry Jamin et son équipe ne font l’objet d’aucune poursuite, encore moins d’aucune condamnation.
Nous sommes obligés de constater que l’auteur de cette page n’a visiblement pas l’objectivité pour mener à bien une tâche sans doute trop haute pour ses capacités intellectuelles.

Thierry Jamin devant la "porte secrète" à Machu Picchu

Thierry Jamin devant la « porte secrète » à Machu Picchu.
©Thierry Jamin

Né à Chartres, France, le 19 décembre 1967, Thierry Jamin effectue des études d’Histoire et de Géographie à l’Université François Rabelais de Tours, où il passe un DEUG Histoire & Géographie (1989), puis une Licence d’Histoire (1990). En 1991, il se lance, au Centre d’Études Supérieures de la Renaissance (CNRS – Tours), dans une Maîtrise d’Histoire Moderne, consacrée à la correspondance d’un lettré italien à la cour des Rois Catholiques : Pierre Marthyr d’Anghiera. Durant deux ans, entre la France,  l’Espagne (Madrid, Séville & Grenade) et le Mexique (Mexico), Thierry Jamin réalise une étude approfondie consacrée aux échanges épistolaires de cet homme de la Renaissance avec les papes et les princes italiens, focalisant son regard sur la conquête du Mexique par Hernan Cortès de 1519 à 1524. Il obtient sa Maîtrise en octobre 1992.

Quelques années plus tôt, passionné depuis son enfance par l’histoire des civilisations disparues, il tombe par hasard, à l’âge de quinze ans, sur un article publié dans le premier numéro du South American Explorer Magazine, relatant l’histoire de photos satellites prises en décembre 1975 au-dessus du Pérou et sur lesquelles on avait repéré d’étranges formations pyramidales symétriquement agencées, situées au pied d’une montagne de moyenne altitude : la Sierra Baja du Pantiacolla.  C’est pour Thierry Jamin, le véritable déclic. Il se lance dans des études d’Histoire – Géo dans le but d’organiser des expéditions sur les traces de ces mystérieuses formations. Ici se cachaient peut-être les ruines de la “mirobolante” cité inca de Païtiti.

Thierry Jamin : archéologue ou pas archéologue ?

A l’époque où Thierry Jamin commence ses études supérieures, pour un jeune qui souhaitait devenir archéologue, il y avait 2 voies :

  1. Pour faire de l’archéologie en France, la voie recommandée était « Histoire de l’art ».
  2. Pour faire de l’archéologie hors de France, il était conseillé de suivre la filière « Histoire de l’homme » ou « Histoire des civilisations » (appellation variable suivant les universités).

Thierry Jamin a orienté ses études pour poursuivre son but initial et a donc choisi la seconde voie.
Il est donc totalement ridicule de lui reprocher parfois de ne pas être archéologue. D’autant que toutes les expéditions organisées au Pérou sont supervisées par un archéologue référencé auprès du Ministère de Culture du Pérou. C’est la loi en vigueur au Pérou. Et ce, que l’ont ait ou pas un diplôme d’archéologue.
Mais certains, dans un but malhonnête, préfèrent ignorer cela…

En 1993, après sa Maîtrise, Thierry Jamin effectue un court séjour au Brésil, au cours duquel il met la main, à la Bibliothèque de Rio Branco (Rio de Janeiro), sur un manuscrit portugais de 1753 relatant l’étrange histoire d’explorateurs qui, après des années d’errance, finirent par découvrir une cité mégalithique au cœur du Matto Grosso (Manuscrit N˚ 511, Rio Branco, Brésil). Ce manuscrit est aussi à l’origine des recherches du colonel Percy Harrison Fawcett -le héro d’enfance de Thierry Jamin- qui passa une partie de sa vie à rechercher une cité perdue, la “Cité Z”, qu’il ne trouva sans doute jamais. Il disparut corps et âme en 1925, lors de sa dernière campagne.

En 1996, Thierry Jamin poursuit ses études à l’Université toulousaine du Mirail et entreprend à l’IPEALT (Institut Pluridisciplinaire pour l’Étude de l’Amérique Latine à Toulouse – Université de Toulouse 2), sous la direction du mexicaniste Georges Baudot, un troisième cycle d’études en Histoire et Archéologie. Il effectue un an de DEA “Histoire & Archéologie de l’Amérique latine”.

II – « Opération Pantiacolla » (Août 1998)

Les "pyramides" de Paratoari. Campagne d'exploration de 2005. (C) Thierry Jamin, 2005

Les « pyramides » de Paratoari. Campagne d’exploration de 2005.
© Thierry Jamin, 2005

En 1998, Thierry Jamin, organise au Pérou sa première expédition sur les traces des mystérieuses “pyramides de Pantiacolla”. Les Natifs matsiguengas qui habitent la région ont donné à ces formations le nom de Paratoari. Mais cette première tentative sera un échec. Il devra rebrousser chemin à quelques kilomètres à peine de son objectif.

III – « Paratoari » (Août 2001), « Pusharo » (Septembre 2001)

Quelques années plus tard, en 2001, grâce au soutien de Christian Fardou, alors Directeur Général d’une mutuelle étudiante de Toulouse, celui-ci organise sa deuxième campagne. L’objectif principal restait l’exploration des “pyramides”, ainsi qu’une étude consacrée aux pétroglyphes de Pusharo.

Thierry Jamin au pied de la paroi principale des pétroglyphes de Pusharo. (c) Thierry Jamin, 2005.

Thierry Jamin au pied de la paroi principale des pétroglyphes de Pusharo.
© Thierry Jamin, 2005.

En juillet 2001, Jamin atteint enfin son but. Il découvre plusieurs indices de nature archéologique (petites haches, ou makanas, à usage militaire, un mortier, etc.) démontrant la présence permanente des Incas non loin de là. Mais il ne trouve aucune cité perdue. À Pusharo (août – septembre 2001), il observe l’existence d’étranges figures, uniquement visibles à la lumière du jour entre 11h et 13h. Il imagine que la paroi principale pourrait constituer une sorte de “carte géographique mémoire” d’une région donnée : celle conduisant à Païtiti.

IV – « Paratoari II » (Juillet 2002)

En juillet 2002, il retourne au Paratoari sur les traces d’un “site permanent” qu’il ne trouvera pas. Il note au passage la présence de grands blocs de pierre taillés comme à Cusco (“piedras cansadas” ?).

V – Mystérieux clichés de la FAP (2003)

En janvier 2003, il repère à Lima, aux archives photographiques de l’Armée de l’Air du Pérou (FAP), une série de clichés aériens noir et blanc réalisés en 1985 dans la région de ses recherches. Ces derniers révèlent l’existence d’étranges “terrasses”, à l’ouest des “pyramides”. Convaincu qu’il pouvait s’agir d’un site important –et peut-être même de Païtiti !-, il organise l’année suivante une expédition en compagnie de la chaîne française de télévision M6, pour l’émission “Zone Interdite” (diffusée en août 2004). Mais après trois semaines dans la jungle, l’équipe épuisée doit faire demi-tour.

Peu avant cette dernière campagne, Thierry Jamin rencontre à Toulouse Alain Bonnet, gérant d’une agence de communication établie à Muret : l’agence Prodiris. Alain deviendra, au fil des ans, l’incontournable “Responsable Communication” de Thierry Jamin.

VI – Menaces de mort (2004)

De retour à Cusco, Thierry et son groupe font l’objet de menaces de mort. L’affaire est telle que les autorités françaises et péruviennes s’en inquiètent et veulent placer l’explorateur sous protection policière. On sait d’où venait le coup : d’une jeune péruvienne, une certaine Maria del Carmen, rencontrée par Jamin quelques années auparavant (août 2002) et intéressée par la recherche de l’or de Païtiti. D’abord associée, elle devient bientôt une amie proche du chercheur français.  Pourtant, celui-ci cesse sa collaboration avec elle en mars 2004 lorsqu’il découvre les intentions réelles de cette aventurière. Fille “spirituelle” d’un prêtre argentin qui passa de longues années à la recherche de la cité perdue, saccageant et pillant au passage un grand nombre de sites archéologiques des départements de Cusco et Madre de Dios, Maria del Carmen n’aura de cesse de tenter, sans succès, d’empêcher Thierry Jamin à réaliser ses recherches. Au passage, elle bénéficie du soutien d’un pseudo journaliste français de Barcelone, un certain S. M., auto proclamé “spécialiste” N˚1 de la recherche de Païtiti. Ce dernier n’hésitera pas à traduire en français les menaces de mort et les insultes de Maria del Carmen adressées à Thierry Jamin, sous le pseudonyme de “Maria Ramirez”… Un personnage des plus pathétiques et des plus navrants  !

VII – Le « Défi Païtiti » (juin et août 2005)

Herbert Cartagena et Thierry Jamin, face aux "pyramides" de Paratoari. (c) Thierry Jamin, 2005.

Herbert Cartagena et Thierry Jamin, face aux « pyramides » de Paratoari.
© Thierry Jamin, 2005.

En juin 2005, Jamin organise une nouvelle campagne pour tenter d’atteindre la zone des fameuses “terrasses”. Païtiti y était peut-être cachée… Avec la participation de la chaîne allemande ZDF et de l’édition française du National Geographic, il part de nouveau sur les traces de la ville perdue. Un hélicoptère Lama le dépose en pleine jungle à cinq kilomètres de son objectif. Chargé d’une lourde logistique, ralenti par l’équipe de tournage, Thierry n’atteindra pas sa cible.

Quelques mois plus tard, bénéficiant du soutien de son ami Christian Dulcy, d’un homme d’affaires, Jacques Bokobsa, d’un avocat parisien et d’Internautes, il se lance de nouveau, avec seulement cinq milles dollars, sur les traces de Païtiti. Quelques jours plus tôt, il rencontre à Cusco Hermogenes F. L., un policier spécialiste en sauvetage en haute montagne d’une unité de sauvetage de Cusco. Celui-ci deviendra bientôt son bras droit.

L’expédition part en août. Après deux semaines de marches difficiles, l’explorateur français arrive enfin aux “terrasses”. C’est la déception ! Aucune cité perdue ni aucune ruine ne l’attendaient comme il l’espérait. Mais l’expédition n’était pas pour autant un échec. L’équipe rencontre un nombre important de matériel archéologique attestant une fois de plus la présence permanente des Incas non loin des “pyramides” : armes et outils de pierre, blocs taillés et un étrange “bassin”, situé au nord du Paratoari. La totalité du matériel récupéré sera remis aux autorités péruviennes de Cusco.

VIII – « Paratoari III » & « Pusharo III » (juillet, août 2006)

Thierry Jamin et ses compagnons explorent un cañon, ou pongo, au nord des "pyramides" de Paratoari. (c) Thierry Jamin, juillet 2006.

Thierry Jamin et ses compagnons explorent un cañon, ou pongo, au nord des « pyramides » de Paratoari.
© Thierry Jamin, juillet 2006.

En juillet 2006, Thierry Jamin repart vers les “pyramides” à la recherche de la cité perdue. De nouveaux indices archéologiques seront mis au jour, confirmant la présence d’un site permanent non loin de là. Mais sa découverte reste encore à faire.

Jamin repart ensuite vers le site des pétroglyphes de Pusharo. Après deux semaines d’études, le chercheur découvre de nouveaux pétroglyphes, “invisibles” à la lumière du jour. Cette campagne lui permet surtout d’officialiser la découverte de trois géoglyphes (figures géantes gravées sur le sol), réalisés par les Incas sur le flanc d’une montagne située face aux pétroglyphes.

La mise au jour de ces figures géantes provoque, en septembre 2006, une polémique nationale (voir les journaux “El Comercio”, “La República”, “Perú 21” des 19, 20 & 21 septembre 2006). Un groupe de sept archéologues, conduit par le Directeur Régional de Culture (INC-Cusco) de l’époque, David Ugarte Vega Centeno, se dirige à Pusharo pour vérifier les informations contenues dans le Rapport Final remis aux autorités par Thierry Jamin, quelques semaines auparavant. Mais, sur place, ces spécialistes ne trouvent aucun des éléments décrits dans le rapport et déclarent ces découvertes inexistantes. Certains affirment par ailleurs que l’équipe de Thierry avait réalisé ces recherches sans autorisation.

En janvier 2007, ce dernier organise à Cusco une conférence de presse au cours de laquelle il exhibe son permis de recherche et les éléments objectifs de ses découvertes. La polémique s’apaise.

De gauche à droite : Alain Bonnet, "Freddy" le garde parc du SERNANP, et Thierry Jamin. Campagne d'exploration à Pusharo. (c) Thierry Jamin, août 2006.

De gauche à droite : Alain Bonnet, « Freddy » le garde parc du SERNANP, et Thierry Jamin. Campagne d’exploration à Pusharo.
© Thierry Jamin, août 2006.

Quelques mois plus tard, la Direction Régionale de Culture du département de Madre de Dios rendra hommage au travail effectué par Thierry Jamin et son groupe et lui décernera un diplôme pour son « apport à la Culture, création artistique et scientifique de la région du Madre de Dios ». (avril 2008)

En octobre 2006, Thierry Jamin sort enfin en France son premier livre, aux éditions Hugo & Cie, sous le titre “L’Eldorado inca. À la recherche de Païtiti”. Cet ouvrage de 235 pages, destiné à un large public, relate les aventures de l’explorateur français depuis sa première expédition, en août 1998, jusqu’à sa campagne d’août 2006.

IX – Thierry Jamin v/ Maria del Carmen (2006-2007)

De retour de Pusharo, et à l’époque des polémiques, Maria del Carmen, engage un procès contre Thierry Jamin. Interpole a lancé contre lui un avis de recherche international. On l’accuse de menaces de mort contre Maria del Carmen (un comble !), d’insultes, de calomnies, de diffamations.

En janvier 2007, Jamin est arrêté et incarcéré quelques heures à la prison du tribunal de Cusco. S’ensuivent plusieurs mois de procédure, au cours desquels toutes les accusations de la plaignante seront finalement démenties. Elle perdra son procès. Lavé de tout soupçon, Thierry Jamin reprendra ses recherches.

En novembre 2007, il publie au Pérou Pusharo, la memoria recobrada de los Incas”, chez Edisa (Lima). Il s’agit d’une étude approfondie sur les pétroglyphes et les géoglyphes de Pusharo. La plus importante réalisée à ce jour sur ce site amazonien exceptionnel.

X – La « Zone Rouge » (2007-2008)

Depuis 2006, Thierry Jamin étudie le message de pierre, gravé à Pusharo qu’il compare avec des cartes géographiques modernes.

Fin 2007, il pense avoir localisé la zone où, selon ses calculs, pourrait se cacher Païtiti. La ville perdue serait située au nord du complexe archéologique de Mameria, sur une sorte de “presqu’île” coincée entre deux rios. Les vestiges de Mameria furent découverts en 1979 par Nicole et Herbert Cartagena, un couple franco péruvien qui partit à la recherche de Païtiti dans les années 1970. Cette mise au jour constitua une grande nouveauté. On n’avait encore jamais rencontré de ruines incas aussi loin en forêt amazonienne. Elle fut considérée à l’époque comme un événement majeur : la première preuve scientifique de la présence permanente des Incas en Amazonie et de l’existence probable d’un grand centre de population, caché quelque part en forêt.

En décembre 2008, un survol en hélicoptère de la région, réalisée avec son inséparable compagnon, Herbert Cartagena, semble confirmer l’analyse de Thierry Jamin. La zone en question est surnommée “Zone Rouge”.

XI – Trahison & nouveaux soutiens (2008)

Quelques mois auparavant, Hermogenes, bras droit de Thierry, trahit l’explorateur français pour le compte d’un Américain intéressé par la recherche de Païtiti. Thierry met fin à sa collaboration avec lui.

Au même moment, il rencontre en France Mario Martinez, un ingénieur français en aéronautique, travaillant dans la région parisienne mais originaire de Toulouse. Depuis la lecture du premier livre de Thierry, Mario s’est pris de passion pour la civilisation inca et la quête de Païtiti. Il soutiendra activement les recherches de Thierry Jamin et financera en grande partie sa future campagne.

XII – « Antisuyo 2009 » (mai – juin 2009)

Début mai 2009, en partenariat avec la chaîne de télévision française TF1, pour l’émission documentaire “Reportages”, et grâce au soutien de Mario Martinez et de la Municipalité de Toulouse, Thierry Jamin lance l’opération “Antisuyo”. Celle-ci aura deux objectifs : retourner à Mameria, trente ans après sa découverte officielle, et réaliser la première étude scientifique du site. Ensuite, Thierry et ses compagnons devaient se lancer à l’assaut de la fameuse “Zone Rouge”. Avant de quitter Cusco, Raúl del Mar Ismodes, l’archéologue officiel de la campagne 2009, présente à Jamin un ancien policier, José Benigno Casafranca Montes. Il deviendra son nouveau bras droit.

Le 7 mai 2009, Thierry et son groupe, quittent Cusco en 4X4 pour le nord du département. Ils se dirigent vers Calca, Lares puis la vallée de Lacco. Peu avant le départ, il se réconcilie in extremis avec Hermogenes qui l’accompagnera finalement dans sa nouvelle campagne. Depuis le petit village de Suyo, nos explorateurs doivent continuer leur route à mules et à pied. La traversée est longue et difficile. L’équipe progresse péniblement à travers la chaude vallée de Lacco, en direction du parc national du Manú et des ruines de Mameria.

En chemin, Thierry Jamin aperçoit de nombreux sites archéologiques anonymes qu’il se promet d’explorer après cette expédition. Au bout d’une dizaine de jours, ils arrivent enfin à Mameria. Ils établissent un premier camp de base sur le site archéologique de Chacopogo, au pied du rio Sarawato, un affluent du Mameria. Là, Thierry rencontre Goyo Toledo, un explorateur péruvien qui avait voyagé avec Nicole et Herbert à l’époque de la découverte des ruines. Goyo avait fini par s’établir en forêt parmi les Matsiguengas. Il guidera Thierry et son groupe vers les différents sites archéologiques de la région : les ruines de Palotoari, de Tiroribandi, le « four » et les ruines de Irinirosqui, etc.

En réalité, il n’existe pas, à proprement parlé, de “cité de Mameria”. Il s’agit, en réalité, d’une vallée couverte de petits centres d’habitations à connotation agricoles, datant de l’époque inca. C’était, au temps du Tawantinsuyu, une vaste zone agricole destinée à l’alimentation d’une population importante, peut-être celle de Païtiti…

Après dix jours d’étude, un hélicoptère MI 17 de la Police Nationale vient rejoindre le camp de base. À son bord, l’équipe de TF1, Mario Martinez et Nicole de Cartagena. Celle-ci retrouvera, trente ans après, ses “frères et sœurs de la forêt”. (Cf.: Voir l’émission “Reportages”, “Païtiti, la cité perdue des Incas”, diffusée en France le 1er Mai 2010, sur TF1)

Quelques jours plus tard, l’hélicoptère de la PNP revient à Mameria et conduit l’équipe de Thierry Jamin douze kilomètres plus au nord, en territoire Kuga Pakuri, au pied de la “Zone Rouge”. Ce sera pour lui une immense déception. Contre toute attente, il ne découvre aucun indice de nature archéologique à l’endroit indiqué. Païtiti semble brusquement s’être évaporée. Après quelques jours de prospection, Thierry met fin à l’opération “Antisuyo” et décide de rentrer à Cusco.

XIII – La nouvelle « Vallée Sacrée » des Incas (juillet – août 2009)

Thierry Jamin, près d'une chullpa, ou tour funéraire, dans le centre cérémoniel de Puccro, vallée de Lacco - Yavero, secteur de Mesapata. (c) Thierry Jamin, décembre 2009.

Thierry Jamin, près d’une chullpa, ou tour funéraire, dans le centre cérémoniel de Puccro, vallée de Lacco – Yavero, secteur de Mesapata.
© Thierry Jamin, décembre 2009.

Quelques semaines plus tard, l’infatigable explorateur monte une nouvelle campagne de recherche dont l’objectif sera l’exploration de la vallée de Lacco. Cette mystérieuse vallée, située dans la province de Calca, à cheval sur les districts de Lares et de Yanatile (Quebrada Honda) contient un nombre considérable de ruines inconnues. Hiram Bingham évoquait déjà leur existence à l’époque de la “découverte” de Machu Picchu. Et Nicole et Herbert Cartagena, dans leur livre intitulé “Païtiti, dernier refuge des Incas” (Paris, 1980), en parlent également. Aucune expédition n’avait cependant été organisée pour aller découvrir ces ruines. Là, Thierry Jamin et ses compagnons vont aller de surprises en surprises.

En juillet 2009, ils mettent au jour de nombreux sites archéologiques, jusqu’alors inconnus de l’archéologie moderne : à l’entrée de la première zone de la vallée de Lacco, ils découvrent les restes de la forteresse de Hualla Mocco (Secteur Hualla). Plus loin, ils rencontrent les petites cités agraires de Torre Mocco (Secteur Quinuay) et de Lucma Cancha (Secteur Quinuay). Puis ils découvrent celles de Patan Marca (Secteur Juy Huay) et de Llactapata (Secteur Juy Huay), une cité complète, contenant plus d’une centaine d’édifices ! Plus tard, ils pénètrent sur le site cérémoniel de Puccro (Secteur Mesapata), constitué de dizaines de chullpas (tours funéraires) et de tombes souterraines. Dans le secteur de Ccorimayo, ils découvrent un jour une autre citadelle magnifique, également appelée Llactapata. Constituée d’environ cent cinquante édifices, d’une dizaine de ruelles, et de deux places principales, c’est le site archéologique le plus important découvert au nord de Machu Picchu. Puis il découvre encore le complexe archéologique de Tambo Ccasa, au carrefour des vallées de Lacco et de Chunchusmayo. Quelques jours plus tard, il visite les ruines de Miraflorès, au fond de la seconde vallée. Là, il trouve une nouvelle citadelle, noyée dans la jungle, à quelques kilomètres du parc national du Manú : elle s’appelle Monte Puncu.

Les respect des lois et des règlementations du Pérou en matière de recherche archéologique

Le groupe Inkari, que j’ai l’honneur de présider, est constitué uniquement de professionnels et a toujours agit dans le strict respect des lois péruviennes. Chacune de nos campagnes de recherche fait systématiquement l’objet d’un projet de recherche, dirigé par un archéologue péruvien. Chaque projet est soumis à l’approbation du Ministère péruvien de la Culture et, le cas échéant, des Ministères de l’Environnement, de la Santé, de l’Intérieur ou des Affaires Étrangères.
Je regrette de devoir préciser à ces pseudos « spécialistes » que l’équipe Inkari est actuellement la seule à agir ainsi, en toute légalité.
Nous ne cessons de dénoncer, ici, à Cusco, les intrusions d’apprentis explorateurs nationaux ou étrangers, recherchant Païtiti à coups de dynamite ou de détecteurs de métaux…
Nous savons, plus que quiconque, ce que signifie la recherche de la ville perdue des Incas. Cette recherche se mérite. Sa découverte, nous en sommes convaincus, ne sera pas le fait de ces huaqueros, visiblement soutenus par ces courageux auteurs anonymes.
Seule une recherche méthodique et sérieuse permettra un jour de faire passer la cité sacrée des Incas de la légende à la science. Cela implique le respect des lois, des règlements et des protocoles, mais également le respect des valeurs humaines et des traditions locales ancestrales. Autant d’éléments indispensables que semblent oublier la plupart des chercheurs du Païtiti.
Thierry Jamin

XIV – Naissance de l’Institut Inkari (ONG) (septembre 2009)

Au retour de cette campagne spectaculaire, Thierry Jamin et ses compagnons créent à Cusco l’Instituto de Investigación Arqueológica Inkari. Thierry en sera le président et Hermogenes le vice-président. José Casafranca en sera le très dynamique secrétaire. L’institution est une ONG dont l’objectif principal sera la recherche archéologique.

XV – Retour dans la « Vallée des Merveilles » (décembre 2009)

Thierry Jamin dans les ruines de la petite cité inca de Llactapata, vallée de Lacco - Yavero, secteur Ccorimayo. (c) Thierry Jamin, juillet 2009.

Thierry Jamin dans les ruines de la petite cité inca de Llactapata, vallée de Lacco – Yavero, secteur Ccorimayo. © Thierry Jamin, juillet 2009.

En décembre 2009 Jamin retourne à Lacco avec ses compagnons et poursuit l’exploration de cette nouvelle “Vallée Sacrée” des Incas. Les mois suivants seront également consacrés à l’exploration scientifique et systématique de la vallée de Lacco et de celle de Chunchusmayo.

En France, le magazine “Historia”, consacre un long article sur les découvertes de Lacco, considérées comme l’une des plus importantes réalisées cette année-là au niveau mondial (Cf.: “Historia”, “Jeu de piste chez les Incas”, N˚ 126, Paris, juillet – août 2010).

La découverte des cités perdues de Lacco met de nouveau Thierry Jamin sur les traces de Païtiti. En effet, ces nombreux sites archéologiques sont construits au bord d’anciens chemins incas de pierre, le Qhapaq Ñan, et doivent nécessairement conduire quelque part. Par ailleurs, un “site principal” devait sans aucun doute contrôler ce territoire, visiblement fort peuplé à l’époque inca.

XVI – « Inkari 2010 » (Juin – juillet 2010)

Financée par une société française de logistique, la campagne “Inkari 2010” sera de nouveau dédiée à l’exploration des vallées de Lacco et de Chunchusmayo.

En Juin, Thierry repart avec une équipe réduite sur les traces de ruines inconnues. À Chunchusmayo il découvre les ruines d’Inca Tambo, puis celles de Llactapata (le troisième !) et de Nuevo Mundo. Il revient à Monte Puncu et y réalise de nouvelles investigations.

Thierry Jamin, ses compagnons et des habitants de la localité de Juy Way, près d'un temple de la cité inca de Llactapata, vallée de Lacco - Yavero, secteur Juy Way. (c) Thierry Jamin, décembre 2009.

Thierry Jamin, ses compagnons et des habitants de la localité de Juy Way, près d’un temple de la cité inca de Llactapata, vallée de Lacco – Yavero, secteur Juy Way.
© Thierry Jamin, décembre 2009.

Quelques semaines plus tard, de nouveau à Lacco, Thierry Jamin officialisera la mise au jour de nouvelles citadelles comme celles de Pantipayana (Secteur Rataratayocc), d’Apucatina (Secteur de Pallarniyocc), d’Inca Raccay (Secteur Ccorimayo), puis celles de Chaupichullo (Secteur de Chaupichullo), de Hatun Monte (Secteur Juy Huay) et de Puma Cocha (Secteur Juy Huay). Sur le chemin d’Apucatina, Jamin rencontre un complexe archéologique des plus intéressants, mêlant constructions incas et tombes : c’est Rimac Pampa, ou la “pampa qui parle”…

En deux ans et demi de recherches, grâce aux contacts qu’il noue avec les habitants de ces zones abandonnées, Thierry Jamin officialisera auprès du Ministère péruvien de la Culture, la découverte d’une trentaine de sites nouveaux, inconnus jusqu’alors de la science moderne. (Cf.: Imágenes (Perú – Brasil), « Nuevos Hallazgos. Camino al Gran Paititi. Entrevista a Thierry Jamin », pp. 22-27, Año 6, N˚ 18, Lima, octubre-diciembre 2010)

À la même époque, différents témoignages de Natifs matsiguengas originaires du Sanctuaire National de Megantoni, situé au nord de Lacco, évoquent l’existence de “ruines monumentales” (sic), cachées quelque part à quelques dizaines de kilomètres plus au nord. Jamin en est persuadé : il ne peut s’agir que de la cité de ses recherches.

En France, son réseau d’amis et de soutiens s’organise, sous l’impulsion de Christian Fardou. Ainsi voit le jour l’association Inkari Europe. Régie par la Loi de 1901, elle est présidée par Didier Cujives, Maire de Paulhac, conseiller régional et ambassadeur de la région française Midi-Pyrénées (aujourd’hui région Occitanie) auprès de l’Union Européenne.

XVII – « Inkari 2011 » (juin – octobre 2011)… et nouvelles trahisons !

En juillet 2011, Jamin organise, avec un nouveau soutien de la municipalité de Toulouse et la même société de logistique, une expédition dans le but d’atteindre ces fameuses “ruines”. Mais son équipe, chargée d’une lourde logistique, n’atteindra pas son but. Parvenu au bord du rio Cusirini, ou Teperachi, au cœur du Sanctuaire de Megantoni, il devra faire demi-tour. Abandonné par plusieurs porteurs, son équipe est aussi polluée par des dissensions internes. Épuisés, Hermogenes et Melquiades, l’un de ses frères, veulent rentrer à Cusco. Danilo, un caméraman venu spécialement du Brésil, tombe malade et perd quatorze kilos en deux semaines !

Mais l’expédition ne sera pas pour autant un échec. En effet, Thierry découvre en pleine jungle un tronçon important du chemin royal des Incas, lequel, depuis Lacco, semble continuer vers le nord. Il met également au jour un grand nombre de terrasses de cultures, destinées, selon toute vraisemblance, à un centre de population important…

De retour à Cusco, un conflit éclate entre Thierry et une partie de son groupe. Hermogenes et ses frères lui réclament de l’argent et… des bénéfices ! Le chercheur français décide alors de se séparer définitivement de ses associés.

Quelques mois plus tard, en janvier 2012, il créera à Cusco avec de nouveaux partenaires l’Instituto Inka de Investigación y Revaloración Indígena, ou Instituto Inkari – Cusco. Jamin en sera président et José Casafranca vice-président. Les recherches continuent…

En effet, en octobre 2011, Thierry Jamin, accompagné d’un archéologue “Superviseur” du Ministère péruvien de la Culture, retourne à Lacco pour explorer un site dont lui parlaient depuis des mois plusieurs habitants de la vallée : il s’agit de la citadelle d’Umapata. Cette découverte s’ajoutera au nombre de celles réalisées ces dernières années par l’explorateur français.

XVIII – David Crespy et la « porte visible… mais invisible » (août-novembre 2011)

Image générale de Machu Picchu. Localisation du "Temple des Trois Portes" et de la fameuse entrée, découverte par David Crespy. (c) Thierry Jamin, septembre 2011.

Image générale de Machu Picchu. Localisation du « Temple des Trois Portes » et de la fameuse entrée, découverte par David Crespy.
© Thierry Jamin, septembre 2011.

Quelques jours après sa rupture avec certains de ses associés, Jamin reçoit en août 2011 un étrange message de la part d’un ingénieur français établi à Barcelone, en Espagne, depuis de nombreuses années : il s’appelle David Crespy.

David raconte à Thierry qu’en février 2010, alors que des pluies diluviennes avaient bloquaient des milliers de touristes à Aguas Calientes et que les autorités péruviennes effectuaient leur évacuation vers Cusco par hélicoptère, celui-ci se rendit à diverses reprises dans la citadelle inca pour tuer le temps, en attendant son tour. Et c’est en se dirigeant vers la sortie du sanctuaire qu’il passa un soir par un petit chemin peu emprunté par les touristes, et qu’il remarqua la présence d’un étrange agencement de pierres qui lui fit penser à une porte. Il en avisa aussitôt des archéologues présents sur le site et les conduisit même jusqu’à l’endroit de son observation. Ces derniers se montrèrent intrigués et promirent d’effectuer des recherches.

Quelques semaines plus tard, de retour en Espagne, David Crespy voulut savoir ce qu’il advenait de cette possible découverte. À sa grande surprise, il constata qu’aucune investigation n’avait été entreprise. Finalement, à l’occasion d’un article consacré aux recherches modernes de l’Eldorado, dans un numéro du “Figaro Magazine” (Cf. : “Le Figaro Magazine”, Paris, août 2011), David Crespy prend contact avec Thierry Jamin. D’abord incrédule, celui-ci est bientôt convaincu de la réalité de cette “porte”. Les clichés photographiques envoyés par Crespy lui rappelaient certains sites funéraires de la vallée de Lacco-Yavero rencontrés ces dernières années lors de ses dernières campagnes d’exploration.

De septembre à décembre 2011, Thierry Jamin se rend donc à diverses reprises au Machu Picchu, accompagné d’archéologues de confiance du Ministère de la Culture. Ces derniers sont unanimes : aussi incroyable que cela puisse paraître, il semble bien s’agir d’une entrée, bouchée par les Incas avant la conquête espagnole !

L’affaire semblait à peine croyable car il s’agissait d’une porte monumentale située au pied de l’un des édifices principaux du secteur urbain de Machu Picchu : le « Temple aux Trois Portes ». Étant donné le contexte général des lieux, il pouvait s’agir d’un site funéraire majeur de l’époque inca. Et si tel était le cas, il devait existait, dans les soubassements du temple, une ou plusieurs tombes, et, par conséquent, une ou plusieurs cavités…

XIX – Machu Picchu et la chambre secrète (décembre 2011-mai 2012)

De gauche à droite : Thierry Jamin, David Crespy et Ricardo Tamaki, devant la mystérieuse entrée. (c) Thierry Jamin, avril 2012.

De gauche à droite : Thierry Jamin, David Crespy et Ricardo Tamaki, devant la mystérieuse entrée.
© Thierry Jamin, avril 2012.

Le 19 décembre 2011, Thierry présente aux autorités un projet de recherche, dirigé par l’archéologue péruvien Hilbert Sumire Bustincio (RNA N° BS – 0855), dont l’objectif sera de réaliser une série de résonances électromagnétiques, au moyen de géo-radars, destinées à mettre en évidence la présence, ou non, de chambres funéraires. Le même projet prévoyait l’utilisation d’une caméra endoscopique à l’endroit même de la « porte ». Cette opération était intégralement financée par David Crespy lui-même.

Le 22 mars 2012, par la Resolución Directoral Nacional N° 144-DGPC-BMPCIC/MC-2012, le Ministère de la Culture autorise l’équipe de l’Institut Inkari à réaliser des investigations. L’opération a lieu du 09 au 17 avril 2012. Effectuées au moyen de cinq techniques différentes, les résonances confirment la présence de plusieurs cavités et d’un important matériel archéologique associé !

Un escalier, de six ou sept marches est d’abord localisé, à quelques dizaines de centimètres des gravats occultant l’accès. Celui-ci descend vers une première salle quadrangulaire de trois mètres de côté environ. L’équipe de Thierry Jamin détecte ensuite une dizaine de cavités de proportions humaines, disposées en deux rangées, et dirigées nord-sud. Trois de ces cavités, de petites tailles, pourraient appartenir à des sépultures d’enfants.

Sous les yeux attentifs de David Crespy et de l'archéologue espagnol Daniel Merino, les technitiens de la société Escobard Groupe, réalisent les résonances électromagnétiques. (c) Thierry Jamin, avril 2012.

Sous les yeux attentifs de David Crespy et de l’archéologue espagnol Daniel Merino, les technitiens de la société Escobard Groupe, réalisent les résonances électromagnétiques.
© Thierry Jamin, avril 2012.

Désirant savoir si du matériel funéraire, était associé à ces cavités, les opérateurs des géo-radars décident de rechercher la présence d’objets en métal, généralement présents dans les sépultures des cultures préhispaniques (tels que tumis, fidules, amulettes, etc.). La surprise est grande lorsque les géo-radars détectent la présence d’importants dépôts métalliques non ferreux (or et/ou argent) associés à certaines cavités.

Pour les ingénieurs, opérant les géo-radars, il n’y a pas de doute possible : il s’agit d’un contexte funéraire « classique » de l’époque inca. D’ailleurs, l’entrée, tournée vers l’est, vers le soleil levant, coïncide avec la plupart des chullpas, ou tours funéraires, rencontrées ces dernières années par Thierry Jamin et son équipe, dans les vallées de Lacco-Yavero ou de Chunchusmayo. Toutefois, la position dominante de ce temple dans le secteur urbain, situé à 20 mètres de l’entrée principale de Machu Picchu, à la presque verticale du Torreón et de la « tombe royale », donnent à penser qu’il peut s’agir d’une sépulture, voire d’un mausolée, appartenant à un personnage important de l’époque inca. La tradition locale et certains chroniqueurs affirment que Machu Picchu, qui à l’époque se nommait Patallacta, aurait été construite sous le règne de l’Inca Pachacútec, fondateur de l’empire, vers le milieu du XVème siècle. C’est le Napoléon, ou le Jules César d’Amérique du Sud ! Le nombre de cavités repérées indique que non seulement le souverain mais une partie de sa lignée, ou panaka, reposaient peut-être dans les entrailles de Machu Picchu.

L’utilisation d’une caméra endoscopique, au niveau de l’entrée, met en évidence la présence d’une première couche de pierres agencées de manière rustique, sans mortier, dans le style pirca. On trouve ensuite un grand nombre de pierres de petites tailles, représentant environ 3 à 4 mètres cubes. La caméra réussit facilement à s’introduire parmi les pierres car il y a entre elles d’importants espaces vides. Cet amoncellement n’avait donc aucun rôle dans le maintien des structures internes du temple. Son unique fonction semblait bien celle de boucher l’accès menant aux escaliers et aux diverses cavités. Cette découverte semblait incroyable !  

Le fameux escalier, localisé dans le sous-sol du "Temple des Trois Portes". (c) Thierry Jamin, avril 2012.

Le fameux escalier, localisé dans le sous-sol du « Temple des Trois Portes ».
© Thierry Jamin, avril 2012.

Les géo-radars confirment la présence d'importantes cavités sous-terraines (en bleu) dans le sous-sol du "Temple des Trois Portes". (c) Thierry Jamin, avril 2012.

Les géo-radars confirment la présence d’importantes cavités sous-terraines (en bleu) dans le sous-sol du « Temple des Trois Portes ».
© Thierry Jamin, avril 2012.

 

 

 

 

 

 

Le 19 mai 2012, Thierry Jamin remet au Ministère de la Culture le rapport final de ses investigations, comme le prévoit le règlement. Ce document contenait les analyses complètes et les diagnostics réalisés par les deux sociétés chargées d’effectuer les résonances électromagnétiques, ainsi des conclusions et des recommandations pour des recherches futures. Ce rapport final fut approuvé au travers de la Resolución Directoral Nacional N° 668 – 2012 – DGPC – VMPCIC / MC, en date du 05 septembre 2012. Aucune observation particulière n’est alors formulée. On reconnaît donc implicitement cette découverte.

À la même époque, Thierry présente aux autorités péruviennes un nouveau projet, le 22 mai 2012, dont l’objectif sera cette fois-ci l’ouverture de la mystérieuse entrée et l’étude des chambres souterraines et du matériel archéologique associé. Sous l’intitulé exact de Proyecto de Investigación Arqueológica (con excavación). Apertura de vano de acceso tapiado del Recinto 02 del sector II, Sub Sector E, Unidad 03, del Sector Urbano de la ciudadela Inka de Machu Picchu, le projet est de nouveau dirigé par l’archéologue péruvien Hilbert Sumiré.

Mais les problèmes commencent. Les obstacles administratifs s’accumulent. Certains responsables locaux du Ministère de la Culture cherchent visiblement à empêcher ce projet.

XX – L’affaire des “chambres souterraines” de Machu Picchu devient politique. (février 2013-avril 2014)

Début février 2013, plusieurs médias locaux et nationaux s’emparent de l’affaire. On parle sans précaution de la “tombe de Pachacútec” et d’un “fabuleux trésor”. Tout le pays reprend la nouvelle. Les responsables locaux du Ministère de la Culture (DDC – Cusco) réagissent violemment et initient une vaste champagne de communication et de désinformation contre Thierry Jamin. On cherche à le discréditer et à disqualifier son projet de recherche. On le qualifie d’“aventurier”, de “chercheur de trésors”, et même de “huaquero”, c’est-à-dire de “pilleur de tombes” !

Le 22 février, les responsables du sanctuaire historique et archéologique de Machu Picchu, à savoir l’anthropologue Fernando Astete Victoria, et son “bras droit”, l’archéologue Piedad Champi, directrice en conservation de Machu Picchu (laquelle n’a pourtant aucun diplôme en conservation ni restauration !), et en connivence avec le directeur de la Direction Décentralisée de Culture de Cusco, l’anthropologue David Ugarte Vega Centeno (poursuivi pour malversation en 2013 !), une conférence de presse est organisée dans la citadelle inca. Des journalistes locaux et nationaux ont été spécialement invités pour l’occasion. À cette occasion, Fernando Astete Victoria déclare que l’intention de Thierry Jamin n’était pas moins que “de remuer plus de 600 mètres carrés de terrain” et que “cela constituerait une véritable barbarie qui affecterait plusieurs édifices, des passages, des murs et des terrasses, qui finiraient par s’effondrer et que jamais ils ne le permettront”. En quelques mots, on accuse l’explorateur français de vouloir détruire Machu Picchu !

L’affaire prend de telles proportions que, quelques jours plus tard, des menaces de mort parviennent au domicile de Thierry Jamin. Les autorités judiciaires prennent ces déclarations au sérieux et décident de le placer sous protection policière durant plusieurs semaines.

On fait circuler de fausses rumeurs. On prétend que Thierry n’a pas de diplômes et aucune formation universitaire. On prétend aussi que le gouvernement francais s’en serait mêlé et que celui-ci aurait dénoncé Thierry Jamin comme un “faux archéologue” et un danger pour les relations franco-péruviennes. Pourtant quelques mois plus tard, le même gouvernement français, par la voix du Ministre des Affaires Étrangères Laurent Fabius, démentira ces mêmes rumeurs largement relayées dans les médias du pays.

Au cours de l’année 2013, l’affaire de Machu Picchu devient politique. Thierry Jamin rencontre à plusieurs reprises les conseillers du Président de la République, Monsieur Ollanta Umala, et de la Première Dame, Madame Nadine Heredia : on lui explique qu’il est étranger et que la découverte est trop importante, trop symbolique même. On touche à l’identité du pays, alors que le gouvernement est dirigé par la “gauche nationaliste”…

L’affaire concernait la découverte de la première tombe royale d’origine inca et elle touchait à l’empereur Pachacútec, le fondateur du Tawantinsuyu, et le plus admiré des Incas, symbole toujours vivant de l’identité andine. Il était aussi question de plusieurs dépôts d’objets métalliques non ferreux (or et/ou argent) et il s’agissait enfin de Machu Picchu, un site classé à l’UNESCO et icône du Pérou moderne.

Pendant des mois, Thierry Jamin et son équipe tenteront vainement de faire approuver ces recherches au Ministère de la Culture. Plusieurs ingénieurs civils et des conservateurs de renommée mondiale soutiendront pourtant le projet et seront prêts à y participer. Mais les mois passent et l’affaire s’enlise. On fait tout pour les stopper.

Ironie de l’histoire, en octobre 2013, la “Chambre du Commerce et du Développement du Pérou” (Ministère de l’Industrie et du Tourisme) décernera à l’Instituto Inkari – Cusco le prix de L’Inca Or, dans la catégorie du “meilleur projet de recherche scientifique – Projet Machupicchu 2013”…

Pourtant, le 29 janvier 2014, Thierry Jamin et Hilbert Sumire doivent adresser à la Direction décentralisée de Culture de Cusco (DDC – Cusco) une lettre officielle dans laquelle l’équipe de l’Instituto Inkari décide finalement de renoncer à leur projet de recherche.

C’est ainsi que, par la Resolución Directoral Nacional N° 177 – 2014 – DGPA – VMPCIC / MC, en date du 07 avril 2014, le Ministère péruvien de la Culture entérine l’abandon définitif du projet dont l’objectif était l’ouverture de la mystérieuse entrée découverte par David Crespy en 2010 et l’étude du contenu des cavités souterraines qu’elle renferme.

Curieusement, depuis septembre 2012, l’accès vers cette fameuse entrée est désormais interdite au public…

XXI – L’emplacement de Païtiti enfin localisé ? (juin 2012)

A l’époque de l’exécution du premier projet de recherche de Thierry Jamin à Machu Picchu, celui-ci reçoit, en juillet 2012, d’incroyables images satellites réalisées un mois auparavant au nord du Sanctuaire National de Megantoni.  Elles ont été prises, à la demande de Thierry, par le satellite Pléiades de la société toulousaine Astrium (aujourd’hui Airbus Defense & Space), l’un des plus anciens et fidèles partenaires de Thierry Jamin dans son inlassable quête de Païtiti.

Réalisées spécialement pour Thierry le 13 juin 2012, ces clichés révèlent une étrange formation carrée de mille mètres de côté, près des sources des rios Timpia et Ticumpinia. Dirigée nord-sud, cette énorme structure ne semble pas naturelle. Elle est entièrement recouverte de végétation et il est difficile de distinguer quelque chose. C’est une sorte de « plateau taillé », situé à deux mille mètres d’altitude. Ce cube est bordé de précipices bien marqués de près de mille mètres de jetée. Un lieu stratégique exceptionnel, impossible à envahir. Mais ce n’est pas tout !

A six cents mètres, à l’ouest, Jamin remarque un lac étrange : c’est la fameuse laguna cuadrada de la légende. Dans les années ’70, le Docteur Carlos Neuenschwander Landa, un explorateur d’Arequipa, passionné par la recherche de Païtiti, l’avait déjà survolée par hasard. Il en avait publié une image dans son livre « Païtiti, en la bruma de la historia », publié au Pérou en 1982. Depuis, plusieurs explorateurs étaient partis à la recherche de ce lac mystérieux que la tradition rattache à la proximité de Païtiti. Nombreux la situent encore dans le parc voisin du Manú, au nord de Mameria. Ce lac mesure environ quatre-vingt mètres de côté. Ses eaux noires suggèrent, même en saison sèche, une grande profondeur.

À deux cents mètres de là, en direction de « plateau taillé », deux lacs jumeaux, de formes ovales, sont orientés est-ouest. Ils mesurent environ soixante et cent mètres de longueur. Et deux autres lacs jumeaux sont également repérés, quelques centaines de mètres plus au sud, également orientés est-ouest et mesurant soixante-dix et cent-cinquante mètres de long. L’ensemble est réellement curieux.

Localisation probable de la cité de Païtiti... et des recherches actuelles de Thierry Jamin.

Localisation probable de la cité de Païtiti… et des recherches actuelles de Thierry Jamin.

La légende affirme justement que Païtiti se cache près de lacs jumeaux. C’est d’ailleurs en pensant avoir localisé ces lacs en 2008 que Thierry Jamin s’était lancé dans sa campagne « Antisuyo » en mai 2009 sur les traces de sa fameuse « Zone Rouge »…

Les prochaines expéditions organisées par l’explorateur français auront donc pour objectif d’aller vérifier la nature de ces formations et la présence, ou non, de la « reine des cités perdues sud-américaine » au sommet de cette mystérieuse « montagne carrée ».

XXII – La campagne « Païtiti 2013 »

Le 11 octobre 2013, Thierry et ses compagnons de l’Instituto Inkari – Cusco décident de se lancer de nouveau dans l’aventure. Soutenus par les Matsiguengas de la communauté native de Timpía, avec lesquels ils entretiennent d’amicales relations depuis 2011, ils s’enfoncent au cœur du Sanctuaire National de Megantoni en direction de la mystérieuse « montagne carrée ».

Pendant un mois, en pleine saison des pluies, l’équipe de Thierry va péniblement tenter d’atteindre leur but en remontant vers les sources du rio Shiwaniro, puis en suivant les crêtes longeant les rives du rio Timpía en direction de l’est.

Pour eux, une expérience fantastique au cœur d’une nature intacte, au cours de laquelle ils apprennent le mode de vie, les coutumes et les croyances ancestrales de leurs « frères de la forêt » matsiguengas, ashanincas et kuga-pakuris (nantis). Plusieurs de leurs compagnons de route, en effet, tels que « Lucho », « Mauricio » et « Leyner », sont originaires des communautés « non contactées » vivant près des sources du rio Timpía. Il y a quelques années, celles-ci s’étaient fait la guerre et plusieurs familles de « calatos », des Indiens vivant nus, s’étaient alors réfugiés chez les Matsiguengas de Timpía.

Après un mois de marche pénible dans une forêt détrempée, Thierry et son groupe, qui vont manquer de vivres, doivent finalement se résoudre à faire demi-tour, parvenus à une trentaine de kilomètres de la fameuse montagne.

Zone générale des recherches actuelles de Thierry Jamin et de ses compagnons, au nord du Sanctuaire National de Megantoni. La "montagne carrée" et les mystérieux lacs. (c) Airbus Defense & Space, juin 2012.

Zone générale des recherches actuelles de Thierry Jamin et de ses compagnons, au nord du Sanctuaire National de Megantoni. La « montagne carrée » et les mystérieux lacs.
© Airbus Defense & Space, juin 2012.

XXIII – La campagne « Païtiti 2014 »

Le 15 mars 2014, Thierry Jamin publie en France son troisième ouvrage, aux éditions du Trésor. Intitulé « L’aventurier de la cité perdue », ce livre de 336 pages, raconte les expéditions de Thierry, sur les traces de Païtiti, réalisées entre 2006 et 2013. Il s’achève au moment où Thierry s’apprête à partir, en octobre 2013, vers le sanctuaire de Megantoni…

Quelques mois plus tard, l’explorateur français repart de nouveau sur les traces de la ville perdue. Toujours soutenu par les Natifs de la communauté de Timpía, il tente cette fois-ci d’atteindre la « montagne carrée » en remontant les rives du rio Ticumpinia, dont les sources sont situées à proximité de cette nouvelle « Zone Rouge ».

Mais ils sont arrêtés dès l’embouchure du fleuve, au lieu-dit de Kitaparay. Ici règne une ambiance étrange, voire négative. Les habitants ne sont pas accueillants avec les étrangers. Le responsable du lieu demande à l’équipe de Thierry de ne pas aller plus loin et d’attendre le retour du chef matsiguenga de la communauté de Sabamantiari, sur le territoire duquel nos explorateurs devaient passer pour atteindre leur zone de recherche.

Quelques jours plus tard, la rencontre a lieu avec le chef de la communauté. Celui-ci se présente d’emblée comme étant « le diable » et refuse catégoriquement de permettre à Thierry et à ses compagnons de traverser son territoire. Il rappelle que les communautés natives de l’Amazonie péruvienne vivent en autonomie, à l’écart du gouvernement central. Il n’avait que faire des permis délivrés par les autorités. Et il menace même de flécher le groupe s’il refusait de faire demi-tour.

Dans ces conditions, il était impossible de discuter ou de négocier. Thierry décide alors de retenter sa chance par la remontée du fleuve Shiwaniro. Mais ils avaient perdu beaucoup de temps, et de vivres, à Kitaparay. Au bout d’une dizaine de jours, l’équipe doit de nouveau faire demi-tour. Ils n’atteindront pas leur objectif.

Cette campagne ne fut pas pour autant inutile. Elle fait prendre conscience à Thierry et à son équipe de l’impossibilité d’atteindre cette mystérieuse « montagne carrée » par voie terrestre. Les distances sont trop grandes depuis la communauté de Timpía (plus de quatre-vingt kilomètres) et la Nature s’avère particulièrement difficile à apprivoiser pour une équipe considérablement alourdie par une logistique volumineuse et lourde. Thierry Jamin en est alors persuadé, ce n’est qu’en hélicoptère qu’il réussira à atteindre cette sacrée montagne.

XXIV – Bataille pour le nouveau permis ! (2015 – 2016)

Le 20 janvier 2015, Thierry Jamin présente auprès du Ministère de la Culture, un nouveau projet de recherche, intitulé « Proyecto de Investigación Arqueológica sin Excavaciones. Reconocimiento Sistemático de Superficie en las Fuentes del Rio Ticumpinia, Zona Silvestre del Santuario Nacional de Megantoni – Provincia de La Convención – Región Cusco ». De nouveau dirigé par l’archéologue Hilbert Sumire Bustincio, les démarches s’avèrent inexplicablement longues. On cherche visiblement à retarder la qualification et l’approbation du projet. Certains responsables, à la Direction Décentralisée de Culture de Cusco (DDC-Cusco) n’ont visiblement pas oublié les polémiques liées à l’affaire de Machu Picchu…

Même si, selon la Loi, ces procédures administratives ne peuvent, au Pérou, excéder les trente jours ouvrables, ce n’est finalement que le 26 août 2016, soit un an et demi après la présentation du projet de recherche aux autorités ( !), que Thierry Jamin reçoit enfin la réponse tant attendue : par la Resolución Directorale N° 982 – 2016 – DDC – CUS / MC, le ministère de la culture déclare ce projet de recherche conforme aux critères scientifiques requis dans le Règlement d’Investigations Archéologiques. Cependant, la zone des recherches est située dans une « zone restreinte » d’accès dans laquelle vivent des communautés d’Indiens « non contactés ». Et les autorités du SERNANP, le service dédié à la gestion des « aires naturelles protégées », n’a pas donné d’avis favorable à l’entrée de l’équipe de Thierry dans cette zone. En vertu de quoi, le Ministère de la Culture déclare la demande de permis « irrecevable ».

Mais est-ce bien la vraie raison ?

XXV – Païtiti déjà pillée ?

On peut se poser légitimement la question devant le comportement incompréhensible du « chef » du Sanctuaire National de Megantoni (SERNANP), établi à Quillabamba, capitale provinciale de La Convención.

Il est établi, en effet, qu’aucune présence de Natifs « non contactés » n’a été détectée dans le périmètre immédiat des lacs et de la « montagne carrée », tel que le démontrent les images satellites de la zone.

On sait en revanche qu’une famille kuga-pakuri s’est implantée à six kilomètres environ à l’est de cette zone. Et l’on sait qu’une cinquantaine de familles vivent dans les sources du rio Timpía, à trente kilomètres de là.

Selon les habitudes de chasse et de pêche de ces Indiens semi-nomades, nous savons qu’ils empruntent les mêmes sentiers et fréquentent les mêmes zones pour trouver leurs sources d’alimentation en gibier. Ils n’ont, par conséquent, aucun motif pour se rendre dans le secteur de la « montagne carré », lequel est situé sur un plateau dont les parois verticales se jettent à près de mille mètres de précipice. La probabilité pour Thierry Jamin et son groupe de se retrouver nez à nez avec des « non contactés » est donc quasi nulle. Les responsables du Sanctuaire National de Megantoni ne peuvent l’ignorer.

Y aurait-il alors un autre motif pour refuser à Thierry Jamin l’accès vers cette mystérieuse montagne ?

Dans le cadre de la préparation de leur prochaine campagne d’exploration, Thierry et ses compagnons ont attentivement étudié la zone des lacs proches de la fameuse montagne. Ils ont alors observé la présence d’une aire dégagée de quelques dizaines de mètres de côté, située au milieu de l’un des lacs jumeaux, permettant à l’équipe d’accéder au site en se faisant descendre au moyen d’un treuil, par hélicoptère. Cette zone dégagée apparaît en fait comme la seule et unique possibilité pour une équipe d’atteindre la « montagne carrée » par hélicoptère. L’idée de Thierry était alors d’établir ensuite un camp de base, puis un héliport, sur les rives du lac, afin de permettre le retour final de l’hélicoptère et le départ du groupe vers Cusco.

Zone prévue pour l'implantation du Camp de Base de la prochaine campagne d'exploration de Thierry Jamin et de son groupe. (C) Airbus Defense & Space, juin 2012.

Zone prévue pour l’implantation du Camp de Base de la prochaine campagne d’exploration de Thierry Jamin et de son groupe.
© Airbus Defense & Space, juin 2012.

Or, quelle ne fut pas la surprise de Thierry Jamin, en étudiant plus attentivement ses clichés satellites, de découvrir l’existence de deux zones géométriques, apparaissant en plus clair, où visiblement « quelqu’un » avait déjà coupé la végétation aux endroits précis où l’explorateur français prévoyait d’installer son camp de base et l’héliport !

Une seule conclusion s’imposait alors : une équipe avait précédé Thierry Jamin pour accéder à cette zone. Cela ne pouvait pas être une coïncidence. Il ne pouvait s’agir que d’un groupe qui, quelques années auparavant, avait repéré cette drôle de montagne et les lacs jumeaux et était venu dans l’intention de piller la cité perdue de Païtiti.

Les marques encore visibles dans la végétation indiquent, sans l’ombre d’un doute, que seule une organisation puissante, avec d’importants moyens financiers, a pu réaliser cette opération clandestine. La présence d’un ancien héliport suppose, en effet, le recours à un ou plusieurs hélicoptères. Ce qui représente un coût…

Depuis une quinzaine d’années, d’inquiétantes rumeurs affirment qu’une opération secrète aurait été organisée vers les années 1999 et 2000 par l’ancien président du Pérou, Alberto Fujimori, et son vice-président Vladimiro Montesinos Torres, pour piller Païtiti. Ces rumeurs insistantes évoquent l’utilisation de plusieurs hélicoptères et même… de dynamite, pour découvrir et piller les trésors fabuleux de la plus légendaire des cités perdues sud-américaines !

Les deux zones de « coupes d’arbres » découvertes par Thierry Jamin sur les rives de l’un des lacs jumeaux pourraient alors apporter la preuve irréfutable du pillage de Païtiti.

Bien-sûr, Thierry Jamin a signalé ces « anomalies » au Ministère de la Culture et au SERNANP. Il n’a jamais reçu aucune réponse et encore moins une explication. 

Ce silence assourdissant et les entraves infligés à Thierry Jamin et à ses compagnons de l’Instituto Inkari – Cusco pour empêcher la réalisation de cette campagne d’exploration dans la « montagne carrée », ne s’expliquent-ils pas « tout simplement » par la volonté de quelques responsables au Ministère de la Culture ou au gouvernement afin d’éviter que n’éclate un immense scandale : celui du saccage de Païtiti ?

XXIV – « Alien Project », l’affaire des « momies tridactyles de Nasca » (2016 – 2019)

Depuis 2013 et les polémiques générées par les responsables locaux du Ministère de la Culture, en relation à l’« affaire des chambres souterraines » de Machu Picchu, l’Instituto Inkari – Cusco jouit d’une assez bonne renommée à travers tout le pays. La grande majorité de la population n’a pas cru aux explications des fonctionnaires de ce ministère ; et le grand public reste convaincu que, dans cette histoire, on a cherché « à leur cacher la vérité ».

L'un des corps humanoïdes, de type "reptilien", découverts dans un site gardé secret de la région de Nasca. (c) Thierry Jamin, mars 2017.

L’un des corps humanoïdes, de type « reptilien », découverts dans un site gardé secret de la région de Nasca.
© Thierry Jamin, mars 2017.

C’est pourquoi l’Instituto Inkari – Cusco est souvent sollicité par des habitants des campagnes péruviennes ayant découvert, ici ou là, des restes de céramiques ou d’anciens sites archéologiques. La plupart de ces ruines sont situées sur des terres cultivables localisées dans des territoires reculés et généralement isolés du monde. Naturellement, l’Instituto Inkari – Cusco dirige généralement ces habitants vers les autorités officielles du pays.

C’est ainsi qu’un jour d’octobre 2016, un ami journaliste de Thierry Jamin, et un certain « Luis Quispe », viennent frapper à la porte de l’Instituto Inkari avec d’étranges objets momifiés et une histoire à dormir debout : dans le courant de l’année 2015, un mystérieux « pilleur de tombes », ou huaquero, connu sous le nom de « Mario », aurait découvert un site funéraire, au nord de la petite ville péruvienne de Nasca, constitué de salles et de tunnels, et à l’intérieur duquel de curieuses momies de formes humanoïdes auraient été mises à jour, parmi un nombre considérable d’objets de natures diverses, en céramique, en pierre ou en métal.

Convaincu qu’il s’agissait peut-être de la preuve que des millions d’hommes et de femmes à travers le monde espèrent anxieusement depuis des décennies, Jamin décide de se lancer tête la première dans l’aventure. Il brûlait d’envie de savoir s’il s’agissait d’une affaire d’escroquerie, montée de toutes pièces par des trafiquants modernes, ou bien de l’événement du siècle.

Grâce à la diffusion de ses vidéos à travers Internet dès la fin de l’année 2016, cette affaire de « momies tridactyles » est aujourd’hui au cœur de l’attention mondiale et ne pourra plus être étouffée. C’était l’un des premiers objectifs de Thierry Jamin.

Uno de los cuerpos momificados, de typo "híbrido", encontrado en la región de Nasca. (c) Thierry Jamin, mai 2017.

Un des corps desséchés, de type « hybride », retrouvé dans la région de Nasca.
© Thierry Jamin, mai 2017.

Grâce à la mobilisation de près d’un millier d’Internautes, il lance à partir de mars 2017 une série d’analyses scientifiques visant à établir, ou non, l’authenticité des étranges corps momifiés qu’il réussit à se faire confier quelque temps par le fameux « Mario » : il s’agit, d’abord, d’étranges petites têtes sans corps, d’aspect « reptilien », et de grandes mains de trois doigts, constitués de cinq et six phalanges ; mais surtout des corps complets de créatures humanoïdes d’apparence non humaine, mesurant soixante centimètres de hauteur environ.

En avril 2017, Thierry et ses compagnons repèrent, avec stupeur, la présence de trois œufs dans l’abdomen de l’une de ces étranges momies, connue sous le nom de « Josefina ». Puis, quelques jours plus tard, la découverte, près de Nasca, d’un être de type « hybride », plus tard baptisé « Maria », mesurant près d’1,70 m de hauteur, donne brusquement à l’affaire un aspect tout à fait inédit.

A propos d’un article « Les fake news en archéologie » paru dans Archéologia n°575, pages 56 et 57

Les propos tenus dans cet article révèlent de la part de son auteur un autisme avéré. Jugez plutôt.
La légende de l’image : on passera sur le fait que Thierry Jamin serait un « bonimenteur ». Dans la légende de l’image, on détecte déjà 2 erreurs. Non, ce ne sont pas des mises en scènes pseudo-scientifiques. Ce sont des images prises dans une salle de radiologie d’une clinique de Cusco. D’autre part, contrairement à ce qu’écrit l’auteur, jamais sur le site Alien Project, il n’est affirmé que les momies péruviennes seraient extra-terrestres. Ces deux fausses informations amènent la question suivante : ne serait-ce pas l’article en lui-même qui serait « fake » ?
Plus loin, dans le paragraphe intitulé « Escroquerie à la momie », Thierry Jamin aurait initié « un financement participatif sur Internet pour monter des pseudo-expéditions assorties de conférences supposées annoncer ses découvertes retentissantes ». L’auteur mélange manifestement tout pour en faire une bouillie verbale indigeste propre à séduire les intégristes de la pensée officielle, de préférence, la leur. Il serait trop long de démêler dans cet encart cette phrase que nous soupçonnons d’avoir été dictée par quelques marginaux du web qui, à défaut de s’épanouir professionnellement et personnellement, n’ont plus trouvé en dernier ressort que ce média pour espérer une maigrichonne audience. Toutes les explications sur le financement participatif (pour Alien Project) et les expéditions de Thierry Jamin et de son équipe, sont expliqués sur cette page.
Pour éviter d’écrire de telles âneries, l’auteur aurait été bien inspiré de contacter Thierry Jamin. Cela semble être un minimum. Et ce, même pas en tant que journaliste, mais en tant que personne ayant un certain savoir-vivre, ce qui, assurément, ne semble pas être le cas.
Justement, cette personne n’est pas journaliste ; ceci explique sans doute cela. Il se présente comme « archéologue saharien et démonteur de mythes ». Un titre bien peu académique et surprenant dans une revue comme Archéologia, à moins que cette dernière n’est revue à la baisse ses critères qualitatifs. En fait, ce monsieur n’est pas archéologue. Il n’en a pas le titre. Mais le summum est atteint quand il répond sur son blog, à un commentaire le soupçonnant d’avoir fait un enfant dans le dos de ses co-équipiers. Il écrit : « avant de propager des rumeurs infondées et de vous faire l’écho d’accusations sans fondement, vous feriez mieux de vous renseigner. »
Avant de donner des leçons, Monsieur l’archéologie saharien, commencez par les appliquer à vous-même. C’est ça le début de l’humilité et du professionnalisme.
En bref, ce dossier n’est pas un dossier de fond, mais un dossier qui touche le fond.
AB

À la même époque, le journaliste mexicain Jaime Maussan et la chaîne de TV américaine Gaia.com s’intéressent à leur tour aux mystérieux corps desséchés et rejoignent l’explorateur français à Cusco. Avec Thierry Jamin, ils chercheront désormais à percer le mystère de ces créatures. L’histoire devient alors planétaire. Certains crient au miracle, et d’autres à la fraude.

Contre vents et marées, Jamin et son groupe vont patiemment enquêter tout au long des années 2017 et 2018, pour tenter de percer les secrets concernant l’origine de ces corps momifiés. Pendant plus de deux ans, de nombreux laboratoires à travers le monde auront en charge notamment l’étude de leur ADN, tandis que d’autres tenteront de déterminer leur antiquité.

Finalement, à l’initiative du congressiste péruvien Armando Villanueva Mercado, dans le cadre d’un projet de Loi visant à déclarer « l’étude des momies de Nasca d’intérêt culturel historique », une présentation officielle des résultats scientifiques de ces analyses, suivie d’une conférence de presse, est organisée le 19 novembre 2018, au Congrès de la République du Pérou, à Lima.

Thierry Jamin avec des radiographies prises de la momie, de type "hybride", surnommée "Maria". (c) Thierry Jamin, mai 2017.

Thierry Jamin avec des radiographies prises de la momie, de type « hybride », surnommée « Maria ».
© Thierry Jamin, mai 2017.

Les résultats de ces analyses sont sans appel : les « momies tridactyles de Nasca » sont bien des corps biologiques qui ont été vivants à un moment donné de l’histoire des Hommes, tels que le montrent les radiographies et les scanners HD réalisés sur l’ensemble du matériel étudié. Leurs datations indiquent une ancienneté allant d’environ mille ans (pour les corps desséchés de type « reptilien »), à 1750 ans (dans le cas de la momie « Maria »), voire près de sept mille ans (pour les mystérieuses « mains coupées » de trois doigts) ! Les analyses ADN indiquent, quant à elles, une « origine inconnue » de ces différents corps et laissent supposer l’existence de « deux espèces inconnues de la science moderne ». Enfin, l’hypothèse d’une fraude moderne est définitivement écartée.

Bien-sûr, les implications d’une telle nouvelle, à tous les niveaux de la société, sont immenses. S’il s’agit bien de véritables « reliques », c’est toute l’histoire des hommes qu’il faudra peut-être réécrire un jour.

En attendant, Thierry Jamin et ses compagnons poursuivent toujours leurs investigations sur ce cas « hors norme ». La controverse, quant à elle, n’est sans doute pas prête de s’éteindre…

XXV – Nouveau projet de déposé à la DDC-Cusco pour les recherches sur Païtiti : juin 2018.

En pleine « affaire de Nasca » Thierry Jamin et son équipe représente à la Direction Déconcentrée de Culture de Cusco (DDC-Cusco), le 12 juin 2018, un nouveau projet de recherches dont l’objectif reste, plus que jamais, l’exploration de la mystérieuse « montagne carrée » et des lacs voisins. Le directeur officiel du projet est cette fois-ci l’archéologue péruvienne Nancy Olazabal Santibañez (RNA N° BO – 9829).

Comme le prévoit la législation péruvienne, l’administration est tenue de répondre positivement ou négativement dans un délai légal de trente jours ouvrables. Au début de l’année 2019, Thierry Jamin et ses compagnons de l’Instituto Inkari – Cusco étaient pourtant toujours en attente d’une réponse…

XXVI – Où l’on reparle de Païtiti, de Machu Picchu et de l’ « affaire des momies de Nasca » (début 2019)

Début 2019, Thierry Jamin et son groupe poursuivent les démarches auprès des autorités péruviennes afin d’obtenir les fameuses autorisations leur permettant de lancer leur campagne de recherches au nord du Sanctuaire National de Megantoni.

Après deux années de controverses, consacrées à l’ « affaire des momies tridactyles de Nasca », la recherche de Païtiti redevient le cœur des priorités de l’Instituto Inkari Cusco.

En ce début d’année 2019, le cas des « chambres souterraines de Machu Picchu » rebondit également de manière imprévue. À l’initiative du congressiste Armando Villanueva Mercado, un projet de Loi est proposé au Congrès de la République du Pérou, le 22 mars 2019, sous la référence N° 4107 / 2018 – CR, afin de déclarer « d’intérêt historique et culturel les recherches concernant la chambre souterraine découverte dans le sous-sol de Machu Picchu, dont l’existence a été démontrée ».

Membre de la « commission des affaires culturelles » au congrès péruvien, Armando Villanueva rêve de relancer ce projet dans la perspective des futures commémorations qui, en 2021, célèbreront le bicentenaire de l’Indépendance du Pérou. Les démarches légales permettant de faire adopter ce projet de loi sont actuellement en cours. Le récent départ de l’anthropologue Fernando Astete Victoria, de la direction du Sanctuaire National Historique et Archéologique de Machu Picchu pourront peut-être (espérons-le !) faciliter les démarches du congressiste péruvien…