2009-2011 – Antisuyo 2009 – Inkari 2010 et 2011
XII – « Antisuyo 2009 » (mai – juin 2009)
Début mai 2009, en partenariat avec la chaîne de télévision française TF1, pour l’émission documentaire “Reportages”, et grâce au soutien de Mario Martinez et de la Municipalité de Toulouse, Thierry Jamin lance l’opération “Antisuyo”. Celle-ci aura deux objectifs : retourner à Mameria, trente ans après sa découverte officielle, et réaliser la première étude scientifique du site. Ensuite, Thierry et ses compagnons devaient se lancer à l’assaut de la fameuse “Zone Rouge”. Avant de quitter Cusco, Raúl del Mar Ismodes, l’archéologue officiel de la campagne 2009, présente à Jamin un ancien policier, José Benigno Casafranca Montes. Il deviendra son nouveau bras droit.
Le 7 mai 2009, Thierry et son groupe, quittent Cusco en 4X4 pour le nord du département. Ils se dirigent vers Calca, Lares puis la vallée de Lacco. Peu avant le départ, il se réconcilie in extremis avec Hermogenes qui l’accompagnera finalement dans sa nouvelle campagne. Depuis le petit village de Suyo, nos explorateurs doivent continuer leur route à mules et à pied. La traversée est longue et difficile. L’équipe progresse péniblement à travers la chaude vallée de Lacco, en direction du parc national du Manú et des ruines de Mameria.
En chemin, Thierry Jamin aperçoit de nombreux sites archéologiques anonymes qu’il se promet d’explorer après cette expédition. Au bout d’une dizaine de jours, ils arrivent enfin à Mameria. Ils établissent un premier camp de base sur le site archéologique de Chacopogo, au pied du rio Sarawato, un affluent du Mameria. Là, Thierry rencontre Goyo Toledo, un explorateur péruvien qui avait voyagé avec Nicole et Herbert à l’époque de la découverte des ruines. Goyo avait fini par s’établir en forêt parmi les Matsiguengas. Il guidera Thierry et son groupe vers les différents sites archéologiques de la région : les ruines de Palotoari, de Tiroribandi, le « four » et les ruines de Irinirosqui, etc.
En réalité, il n’existe pas, à proprement parlé, de “cité de Mameria”. Il s’agit, en réalité, d’une vallée couverte de petits centres d’habitations à connotation agricoles, datant de l’époque inca. C’était, au temps du Tawantinsuyu, une vaste zone agricole destinée à l’alimentation d’une population importante, peut-être celle de Païtiti…
Après dix jours d’étude, un hélicoptère MI 17 de la Police Nationale vient rejoindre le camp de base. À son bord, l’équipe de TF1, Mario Martinez et Nicole de Cartagena. Celle-ci retrouvera, trente ans après, ses “frères et sœurs de la forêt”. (Cf.: Voir l’émission “Reportages”, “Païtiti, la cité perdue des Incas”, diffusée en France le 1er Mai 2010, sur TF1)
Quelques jours plus tard, l’hélicoptère de la PNP revient à Mameria et conduit l’équipe de Thierry Jamin douze kilomètres plus au nord, en territoire Kuga Pakuri, au pied de la “Zone Rouge”. Ce sera pour lui une immense déception. Contre toute attente, il ne découvre aucun indice de nature archéologique à l’endroit indiqué. Païtiti semble brusquement s’être évaporée. Après quelques jours de prospection, Thierry met fin à l’opération “Antisuyo” et décide de rentrer à Cusco.
Résumé des découvertes réalisées à Mameria
- Recensement de ruines dans différents secteurs de Mameria : les ruines de Palotoari, de Tiroribandi, le « four » et les ruines de Irinirosqui, etc
- Nombreuses céramiques avec une texture fine et semi-compacte de couleur orangée et parfois grise due à la cuisson oxydante. Ce sont principalement des assiettes, des aryballes, des pots. Ils correspondent au style impérial inca.
- Des haches, des couteaux en champi (alliage principalement composé de cuivre avec de l’argent et de l’or)
XIII – La nouvelle « Vallée Sacrée » des Incas (juillet – août 2009)

Thierry Jamin, près d’une chullpa, ou tour funéraire, dans le centre cérémoniel de Puccro, vallée de Lacco – Yavero, secteur de Mesapata.
© Thierry Jamin, décembre 2009.
Quelques semaines plus tard, l’infatigable explorateur monte une nouvelle campagne de recherche dont l’objectif sera l’exploration de la vallée de Lacco. Cette mystérieuse vallée, située dans la province de Calca, à cheval sur les districts de Lares et de Yanatile (Quebrada Honda) contient un nombre considérable de ruines inconnues. Hiram Bingham évoquait déjà leur existence à l’époque de la “découverte” de Machu Picchu. Et Nicole et Herbert Cartagena, dans leur livre intitulé “Païtiti, dernier refuge des Incas” (Paris, 1980), en parlent également. Aucune expédition n’avait cependant été organisée pour aller découvrir ces ruines. Là, Thierry Jamin et ses compagnons vont aller de surprises en surprises.
En juillet 2009, ils mettent au jour de nombreux sites archéologiques, jusqu’alors inconnus de l’archéologie moderne : à l’entrée de la première zone de la vallée de Lacco, ils découvrent les restes de la forteresse de Hualla Mocco (Secteur Hualla). Plus loin, ils rencontrent les petites cités agraires de Torre Mocco (Secteur Quinuay) et de Lucma Cancha (Secteur Quinuay). Puis ils découvrent celles de Patan Marca (Secteur Juy Huay) et de Llactapata (Secteur Juy Huay), une cité complète, contenant plus d’une centaine d’édifices ! Plus tard, ils pénètrent sur le site cérémoniel de Puccro (Secteur Mesapata), constitué de dizaines de chullpas (tours funéraires) et de tombes souterraines. Dans le secteur de Ccorimayo, ils découvrent un jour une autre citadelle magnifique, également appelée Llactapata. Constituée d’environ cent cinquante édifices, d’une dizaine de ruelles, et de deux places principales, c’est le site archéologique le plus important découvert au nord de Machu Picchu. Puis il découvre encore le complexe archéologique de Tambo Ccasa, au carrefour des vallées de Lacco et de Chunchusmayo. Quelques jours plus tard, il visite les ruines de Miraflorès, au fond de la seconde vallée. Là, il trouve une nouvelle citadelle, noyée dans la jungle, à quelques kilomètres du parc national du Manú : elle s’appelle Monte Puncu.
Les respect des lois et des règlementations du Pérou en matière de recherche archéologique
Le groupe Inkari, que j’ai l’honneur de présider, est constitué uniquement de professionnels et a toujours agit dans le strict respect des lois péruviennes. Chacune de nos campagnes de recherche fait systématiquement l’objet d’un projet de recherche, dirigé par un archéologue péruvien. Chaque projet est soumis à l’approbation du Ministère péruvien de la Culture et, le cas échéant, des Ministères de l’Environnement, de la Santé, de l’Intérieur ou des Affaires Étrangères.
Je regrette de devoir préciser à ces pseudos « spécialistes » que l’équipe Inkari est actuellement la seule à agir ainsi, en toute légalité.
Nous ne cessons de dénoncer, ici, à Cusco, les intrusions d’apprentis explorateurs nationaux ou étrangers, recherchant Païtiti à coups de dynamite ou de détecteurs de métaux…
Nous savons, plus que quiconque, ce que signifie la recherche de la ville perdue des Incas. Cette recherche se mérite. Sa découverte, nous en sommes convaincus, ne sera pas le fait de ces huaqueros, visiblement soutenus par ces courageux auteurs anonymes.
Seule une recherche méthodique et sérieuse permettra un jour de faire passer la cité sacrée des Incas de la légende à la science. Cela implique le respect des lois, des règlements et des protocoles, mais également le respect des valeurs humaines et des traditions locales ancestrales. Autant d’éléments indispensables que semblent oublier la plupart des chercheurs du Païtiti.
Thierry Jamin
XIV – Naissance de l’Institut Inkari (ONG) (septembre 2009)
Au retour de cette campagne spectaculaire, Thierry Jamin et ses compagnons créent à Cusco l’Instituto de Investigación Arqueológica Inkari. Thierry en sera le président et Hermogenes le vice-président. José Casafranca en sera le très dynamique secrétaire. L’institution est une ONG dont l’objectif principal sera la recherche archéologique.
XV – Retour dans la « Vallée des Merveilles » (décembre 2009)

Thierry Jamin dans les ruines de la petite cité inca de Llactapata, vallée de Lacco – Yavero, secteur Ccorimayo. © Thierry Jamin, juillet 2009.
En décembre 2009 Jamin retourne à Lacco avec ses compagnons et poursuit l’exploration de cette nouvelle “Vallée Sacrée” des Incas. Les mois suivants seront également consacrés à l’exploration scientifique et systématique de la vallée de Lacco et de celle de Chunchusmayo.
En France, le magazine “Historia”, consacre un long article sur les découvertes de Lacco, considérées comme l’une des plus importantes réalisées cette année-là au niveau mondial (Cf.: “Historia”, “Jeu de piste chez les Incas”, N˚ 126, Paris, juillet – août 2010).
La découverte des cités perdues de Lacco met de nouveau Thierry Jamin sur les traces de Païtiti. En effet, ces nombreux sites archéologiques sont construits au bord d’anciens chemins incas de pierre, le Qhapaq Ñan, et doivent nécessairement conduire quelque part. Par ailleurs, un “site principal” devait sans aucun doute contrôler ce territoire, visiblement fort peuplé à l’époque inca.
XVI – « Inkari 2010 » (Juin – juillet 2010)
Financée par une société française de logistique, la campagne “Inkari 2010” sera de nouveau dédiée à l’exploration des vallées de Lacco et de Chunchusmayo.
En Juin, Thierry repart avec une équipe réduite sur les traces de ruines inconnues. À Chunchusmayo il découvre les ruines d’Inca Tambo, puis celles de Llactapata (le troisième !) et de Nuevo Mundo. Il revient à Monte Puncu et y réalise de nouvelles investigations.

Thierry Jamin, ses compagnons et des habitants de la localité de Juy Way, près d’un temple de la cité inca de Llactapata, vallée de Lacco – Yavero, secteur Juy Way.
© Thierry Jamin, décembre 2009.
Quelques semaines plus tard, de nouveau à Lacco, Thierry Jamin officialisera la mise au jour de nouvelles citadelles comme celles de Pantipayana (Secteur Rataratayocc), d’Apucatina (Secteur de Pallarniyocc), d’Inca Raccay (Secteur Ccorimayo), puis celles de Chaupichullo (Secteur de Chaupichullo), de Hatun Monte (Secteur Juy Huay) et de Puma Cocha (Secteur Juy Huay). Sur le chemin d’Apucatina, Jamin rencontre un complexe archéologique des plus intéressants, mêlant constructions incas et tombes : c’est Rimac Pampa, ou la “pampa qui parle”…
En deux ans et demi de recherches, grâce aux contacts qu’il noue avec les habitants de ces zones abandonnées, Thierry Jamin officialisera auprès du Ministère péruvien de la Culture, la découverte d’une trentaine de sites nouveaux, inconnus jusqu’alors de la science moderne. (Cf.: Imágenes (Perú – Brasil), « Nuevos Hallazgos. Camino al Gran Paititi. Entrevista a Thierry Jamin », pp. 22-27, Año 6, N˚ 18, Lima, octubre-diciembre 2010)
À la même époque, différents témoignages de Natifs matsiguengas originaires du Sanctuaire National de Megantoni, situé au nord de Lacco, évoquent l’existence de “ruines monumentales” (sic), cachées quelque part à quelques dizaines de kilomètres plus au nord. Jamin en est persuadé : il ne peut s’agir que de la cité de ses recherches.
En France, son réseau d’amis et de soutiens s’organise, sous l’impulsion de Christian Fardou. Ainsi voit le jour l’association Inkari Europe. Régie par la Loi de 1901, elle est présidée par Didier Cujives, Maire de Paulhac, conseiller régional et ambassadeur de la région française Midi-Pyrénées (aujourd’hui région Occitanie) auprès de l’Union Européenne.
Résumé des découvertes réalisées en 2010 à Laqo, Chunchusmayo et Mameria
- Plusieurs sites maintenant enregistrés au Ministère de Culture : Walla Moqo, Tore Moqo, Lucma Kancha, Quinuay, Llactapata, Qochapata, Inkaraqay, Hatun Monte, Puccro, Pallarniyoc, Rimacpampa, Apuqatina, San Antonio, Chaupichullo, Pantipallana, Tambo Qhasa, Inca Tambo, Nuevo Mundo, Tambo Inca, Monte Puncu, Chacopango, Palotoari, El « horno » de Mameria.
- Fragments de céramiques
- Petite hache métallique
- Un objet métallique en forme d’étoile à cinq pointes ovales, de 10 cm de diamètre
- Un mortier et un pilon de pierre.
XVII – « Inkari 2011 » (juin – octobre 2011)… et nouvelles trahisons !
En juillet 2011, Jamin organise, avec un nouveau soutien de la municipalité de Toulouse et la même société de logistique, une expédition dans le but d’atteindre ces fameuses “ruines”. Mais son équipe, chargée d’une lourde logistique, n’atteindra pas son but. Parvenu au bord du rio Cusirini, ou Teperachi, au cœur du Sanctuaire de Megantoni, il devra faire demi-tour. Abandonné par plusieurs porteurs, son équipe est aussi polluée par des dissensions internes. Épuisés, Hermogenes et Melquiades, l’un de ses frères, veulent rentrer à Cusco. Danilo, un caméraman venu spécialement du Brésil, tombe malade et perd quatorze kilos en deux semaines !
Mais l’expédition ne sera pas pour autant un échec. En effet, Thierry découvre en pleine jungle un tronçon important du chemin royal des Incas, lequel, depuis Lacco, semble continuer vers le nord. Il met également au jour un grand nombre de terrasses de cultures, destinées, selon toute vraisemblance, à un centre de population important…
De retour à Cusco, un conflit éclate entre Thierry et une partie de son groupe. Hermogenes et ses frères lui réclament de l’argent et… des bénéfices ! Le chercheur français décide alors de se séparer définitivement de ses associés.
Quelques mois plus tard, en janvier 2012, il créera à Cusco avec de nouveaux partenaires l’Instituto Inka de Investigación y Revaloración Indígena, ou Instituto Inkari – Cusco. Jamin en sera président et José Casafranca vice-président. Les recherches continuent…
En effet, en octobre 2011, Thierry Jamin, accompagné d’un archéologue “Superviseur” du Ministère péruvien de la Culture, retourne à Lacco pour explorer un site dont lui parlaient depuis des mois plusieurs habitants de la vallée : il s’agit de la citadelle d’Umapata. Cette découverte s’ajoutera au nombre de celles réalisées ces dernières années par l’explorateur français.
Résumé de découvertes réalisées en 2011 à Lacco et Megantoni
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Découverte d’enclos végétaux rectangulaires (Lacco & Piña Mayo), associés à des structures funéraires (chullpas), un système de terrasses et de routes principales (Lacco, Piña Mayo & Cusirini).
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Découverte de nombreux sentiers de part et d’autre des vallées de Lacco et de Chunchusmayo, menant aux jungles de Megantoni et de Manu, montrant que ces zones étaient d’importantes zones de contact entre les hauts plateaux andins et la zone de jungle.
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Découverte de 20 fragments de céramique à Umapata, dont 14 de style inca, des fragments indéterminés et un fragment de style Lucre.
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Observation sur le site d’Umapata, de nombreux objets lithiques, tels que des mortiers manuels (rnus’ka) et de nombreuses pierres à aiguiser (tunawa).